L’écriture inclusive à l’école (1)

Au menu des réformes de l’enseignement cette année : l’écriture inclusive

Le premier manuel scolaire rédigé en écriture inclusive a fait sa rentrée cette année, à la vive désapprobation du ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Le 7 novembre, plus de 300 enseignants lui rétorquent en signant une tribune sur Slate.fr où ils s’engagent à « cesser ou s’apprêter à cesser à ne plus enseigner la règle de grammaire : le masculin l’emporte sur le féminin ». Désormais, la présence de points médians* au bout des noms et l’application de la règle de proximité pour accorder les adjectifs feraient force de loi. Voilà qui va bien faire évoluer la langue française. Nous n’écrirons plus : « mes cousins Paul et Léa sont bien gentils » mais « mes cousin·ne·s Paul et Léa sont bien gentilles ». Pas facile à écrire, ni à lire, et pour le dire, on fait comment ? L’apprentissage de l’orthographe et de la lecture des petits écoliers va être grandement facilité !

Un petit rappel historique s’impose. La règle de grammaire « le masculin l’emporte sur le féminin » a germé dans l’esprit des académiciens du XVIIe siècle, mais n’a eu de réelle incidence que deux siècles plus tard lorsque l’école primaire est devenue obligatoire, pour les filles comme pour les garçons. La supériorité décrétée du genre masculin reflétait les impératifs politiques d’alors, à savoir que « le masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » Ben voyons ! L’amalgame était fait. Et ce serait en raison de cette règle machiste que nos petites filles seraient menacées, aujourd’hui comme hier, dans leur statut d’individu égal à celui de leurs petits copains. Pour ces enseignants contestataires, cette règle, en raison de sa courte existence, pourrait être tout simplement oubliée, et nous retournerions alors au bon vieux temps, hérité du latin, où l’adjectif s’accordait avec qui bon lui semblait comme nom.

* À partir de 2018, de nouveaux claviers équipés d’une touche dédiée au point médian feront leur apparition, selon l’Afnor, l’association française de normalisation.

À suivre…

 

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