L’écriture inclusive à l’école (2)

Que pensent nos élu·e·s de cette intrusion de l’écriture inclusive dans notre bonne vieille grammaire française ?

Quand le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes a eu la bonne idée de publier un guide incitant les pouvoirs publics à adopter une communication « sans stéréotypes de sexe » en 2015, seuls quelques ministères, institutions, collectivités et universités s’étaient engagés à appliquer ces recommandations. Ce n’est qu’à la parution d’un premier manuel scolaire rédigé en écriture inclusive il y a quelques mois, que le sujet s’est étendu au grand public et a soulevé la polémique qu’on lui connaît.

Le Premier ministre, Édouard Philippe, par ailleurs favorable à la féminisation des noms de métiers, stipule, « en particulier pour les textes destinés à être publiés au Journal officiel de la République française, à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive […] pour des raisons d’intelligibilité et de clarté de la norme. ». Pour le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, « la langue française n’est pas à instrumentaliser pour des combats, aussi légitimes soient-ils ». Si l’expression « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est « sûrement pas une bonne formule », « il faut dire simplement qu’en cas de pluriel, on accorde au masculin, ce qui dans la langue française s’apparente souvent au genre neutre  ».

Effectivement, un petit détour du côté des Latins nous rappellera qu’il existait alors trois genres : le genre féminin, le genre masculin et le genre neutre. La langue française, en incluant le genre neutre dans le genre masculin, a créé un genre masculin hybride, tandis que le genre féminin conservait toute sa… pureté originelle. Le genre masculin endosse donc naturellement le rôle de genre neutre dans les situations grammaticales ambiguës. Pas de quoi s’énerver ! Il s’agit bien ici d’arguments linguistiques et non de raisons politiques comme mentionné plus tôt.

De leur côté, les représentants de l’Académie française voient mal « quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture, visuelle ou à voix haute, et de prononciation. » Ils s’insurgent « devant cette aberration inclusive », nous précisent que « la langue française est en péril mortel », et  pour ce qui est des « promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète. »

À suivre…

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