L’écriture inclusive à l’école (3)

Que penser de l’écriture inclusive à l’école ?

En faisant son intrusion à l’école, la question des points médians et du masculin qui l’emporte sur le féminin, déjà en débat depuis une vingtaine d’années chez les féministes, s’est étendu à l’ensemble des Français·e·s. (Doit-on lire : des Françaises et des Français ? ou bien des Français et des Françaises ?…. pour ne pas être accusé de lecture sexiste ?)

En 2012, l’étude PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) révélait le triste constat que, si les élèves de quinze ans savent bien déchiffrer un texte, nombre d’entre eux ont en revanche des difficultés à en restituer le sens. À qui la faute ? À l’heure où nous sommes capables d’envoyer tourner des satellites autour de la Terre, l’illettrisme sévit dans nos écoles, ce qui n’est d’ailleurs pas un scoop. Alors pourquoi en rajouter en s’entêtant à amalgamer le genre naturel (mâle et femelle) et le genre grammatical (masculin et féminin). Car il s’agit bien d’un amalgame, qui assimile les personnes aux mots.

Le danger de l’application d’une telle réforme dans l’enseignement risque bien d’être catastrophique. En quoi, et de quelle manière, le morcellement des noms et l’accord des adjectifs au plus proche vont-ils pouvoir aider l’élève ordinaire à mieux comprendre un texte, à mieux en restituer le sens ? L’écriture inclusive, en introduisant une complexité supplémentaire, prétendument pour clarifier le message, risque bien au contraire d’en brouiller le sens. Car avant de s’habituer à la lecture et la compréhension de ce nouveau style d’écriture, on n’est pas à l’abri des contresens, et pour ce qui est d’en maîtriser l’écriture, au secours ! L’écriture inclusive risque bien de n’être en fin de compte qu’un nouvel outil d’exclusion des élèves en difficulté, en creusant un peu plus le fossé qui sépare les bons élèves des moins bons, et en fabriquant un peu plus de « mauvais » élèves.

Et si on voulait pousser un peu plus loin cette réflexion sur la sexualisation des mots…

Pourquoi ne pas remettre en question l’ordre des noms si on privilégie l’accord de proximité pour les adjectifs ?… Et pourquoi ne pas remettre en question le genre des noms (masculin, féminin, épicène) ?…. Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas transformer le « on » neutre, assimilé au masculin dans la langue française, au féminin (selon les cas, bien sûr, histoire de ne pas être trop clair) ?

On n’a pas fini de se prendre la tête!

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